

Tomates farcies aux haricots verts bio accompagné de riz.
Hier nous avons officiellement épuisé toute les resources de notre planète pour l’année…
Pauvre terre… Je te demande pardon.
“Nous voyons partout le jeu de la vie et de la mort, cette transmutation de l’ancien en le nouveau. Le jour vient à nous chaque matin, tout blanc, tout nu, frais comme une fleur. Mais nous savons qu’il est vieux ; il est le Temps lui-même. C’est le même très ancien jour qui a reçu dans ses bras notre globe nouveau-né, l’a recouvert de son blanc manteau de lumière, et l’a lancé dans le grand pèlerinage au milieu des étoiles.
Ses pas pourtant ne sont point las, ni ses yeux fatigués. Il porte l’amulette d’or de l’éternité qui ne connaît pas la vieillesse, et dont le toucher efface toutes rides du front de la nature. Notre monde porte l’immortelle jeunesse au plus profond de son coeur.”
Rabindranath Tagore, Sâdhanâ.

“ Un matin nous partons, le cerveau plein de flamme,
Le cœur gros de rancune et de désirs amers,
Et nous allons, suivant le rythme de la lame,
Berçant notre infini sur le fini des mers ”
Charles Baudelaire, Le Voyage.

“Certain Renard Gascon, d’autres disent Normand,
Mourant presque de faim, vit au haut d’une treille
Des Raisins mûrs apparemment,
Et couverts d’une peau vermeille.
Le galand en eût fait volontiers un repas ;
Mais comme il n’y pouvait atteindre :
“Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats. “
Fit-il pas mieux que de se plaindre ?”
Jean de la Fontaine, Le Renard et les Raisins.


“Cet après midi là me vient à l’esprit. La pluie tombante s’épuisait de temps en temps, puis une brusque rafale la ranimait à nouveau. Il faisait sombre dans la chambre et ce temps ne donnait pas envie de travailler. Je pris mon instrument et commençais à jouer un air en râga Mallâr - un chant de la saison des pluie. De la pièce d’à côté elle vint jusqu’à ma porte puis repartit. Peu après elle revint et resta devant la chambre. Enfin elle entra lentement et s’assit. Elle avait entre les mains un ouvrage de couture - la tête penchée, elle se mit à coudre. Ensuite elle s’arrêta, regardant par la fenêtre vers les arbres embrouillés. Il cessa de pleuvoir; mon chant se termina. Elle se leva et s’en alla se coiffer. C’est tout, rien que cela. Rien que cet unique après-midi là enchevêtré dans la pluie, le chant, le farniente et la pénombre. Cela ne fait pas une histoire contant le destin des rois et des empereurs, des récits de guerres et de conflits - il y en a tant et tant. Mais un simple petit fragment du conte d’un après-midi qui restera caché comme une précieuse perle dans l’écrin du temps. Deux êtres seulement en connaissent l’existence.” Rabindranath Tagore, L’esquif d’or